Le réseau de froid
Un réseau de froid ressemble en grande partie à un réseau de chaleur dans ses caractéristiques à la seule différence que celui-ci représente une part très marginale dans le mix énergétique français. En 2024, il existe en France 49[1] réseaux de froid dont la longueur linéaire cumulée représente 294 kilomètres ayant permis de livrer 1 TWh de froid[2] en 2022, avec pour objectif de doubler la production à horizon 2030.
Ces livraisons de froid sont fléchées en majorité pour le secteur tertiaire, 88 %, contre seulement 11 % pour le secteur industriel alors qu'une part minime concerne le secteur résidentiel (données SNCU 2022, EARCF).
Le fonctionnement d'un réseau de froid
De la même manière qu'un réseau de chaleur, le réseau de froid est constitué d'une source de production ou de récupération de fraîcheur, de canalisations comme vecteur de distribution de froid inférieur à 5°C (utilisant comme fluide caloporteur de l'eau glycolée) et d'un poste de livraison à l'échelle du bâtiment raccordé comprenant un échangeur thermique.
L’avantage d’un réseau de froid réside dans sa capacité à valoriser :
Des sources naturelles de fraîcheur contenue dans les fleuves, les lacs, on appelle cela le « free cooling » offrant une source renouvelable de froid à l’usager qui en bénéficie.
Cette fraîcheur peut être produite également artificiellement au travers de centrales frigorifiques équipées de groupes froids à compression électrique ou de groupes froids à absorption de sources chaudes.
La fraîcheur produite est alors stockée en eau glacée, permettant de livrer de la fraicheur aux bénéficiaires en heure de pointe et éviter le fonctionnement de la centrale frigorifique durant des périodes de forte demande.
Une solution mutualisée à développer
Les réseaux de froid offrent une solution de froid collective en réduisant nettement l’impact environnemental et carbone comparativement à une solution de climatisation individuelle. L’enjeu réside aujourd'hui dans l’identification des sources de production disponibles et une communication plus importante sur leur mise en œuvre pour acculturer les centres urbains notamment à une utilisation plus significative de cette ressource collective.
Un des freins majeurs à son développement concerne le développement d'un réseau propre à la distribution de froid. En effet, le réseau doit être distinct d'un réseau de chaud et pensé en amont lors de la conception des bâtiments afin de pouvoir l'intégrer au bâti identifié.
L’utilisation des réseaux de froid et leur intégration dans un contexte de dérèglement climatique paraissent de plus en plus pertinents dans les centres urbains densifiés subissant de pleins fouet les canicules et les effets d’îlots de chaleur en ville. La stratégie de développement des réseaux de froid, s'accompagne d’un développement des espaces verts et d’une réduction de la bétonnisation des centres urbains pour éviter les effets d'îlots de chaleur.
Le réseau de froid parisien
Un des principaux exemples dans ce domaine est le réseau de froid de Paris distribuant un volume de froid annuel de 450 GWh. Utilisant le freecooling par l’intermédiaire de l’eau de la Seine, cette source de rafraîchissement permet une réduction significative des émissions de GES comparativement à une solution de climatisation individuelle.
Chiffres clés
Sources
Les données ci-dessus proviennent de l'infographie réseau de froid réalisée par France Chaleur Urbaine ainsi que des données récoltées par la FEDENE.
