Énergie

Guide de l'élu.e local.e et intercommunal.e

Les principaux enjeux

Comme évoqué en préambule, l’éclairage public revêt de nombreux enjeux.

Avant toute chose, il répond à un enjeu sécuritaire. Si bien que certaines communes (notamment urbaines et péri-urbaines) ayant mis en place de l’extinction nocturne à la suite de la crise énergétique de 2022 ont depuis opté pour un rallumage total. Si le lien entre extinction de l’éclairage public et délinquance n’est pas établi, l’obscurité peut produire un sentiment d’insécurité chez les administrés. Assurer un éclairage juste et de qualité, dans le cadre des prérogatives du pouvoir de police du maire, constitue un axe essentiel pour lutter contre l’insécurité.

L’éclairage public est également un outil de la transition énergétique. Le remplacement de l’éclairage existant - bien souvent énergivore - par de la LED, engagé depuis quelques années par les collectivités, permet de réduire la consommation énergétique d’environ 50%, voire jusqu’à 80% lorsque cet éclairage est rendu intelligent. L’arrivée de la LED permet une gestion plus flexible du pilotage des installations mais également l’essor des villes et territoires intelligents. La part de l’éclairage public qui représente aujourd’hui 0,58% de la consommation d’électricité en France peut encore être diminuée. L’objectif d’un parc 100% LED permettra de limiter l’impact de l’éclairage lors des pics de consommation.

Les collectivités doivent également repenser leur éclairage public pour en faire un levier de préservation de la biodiversité, en limitant son impact sur les écosystèmes nocturnes. L’impact de l’éclairage artificiel sur notre écosystème n’est plus à démontrer. La lumière attire certaines espèces et en éloigne d’autres, modifiant ainsi les zones de prédation. Il faut donc autant que possible préserver les réservoirs de biodiversité et les corridors écologiques. Intégrer la lutte contre les nuisances lumineuses aux projets de rénovation est donc primordial. Cela peut s’opérer via la mise en place d’extinction nocturne, de gradation, de détection de présence ou encore d’ajustement de température de couleur.

Les consommations d’éclairage public représentent par ailleurs un poste important des dépenses des collectivités. Le prix de l’abonnement a presque doublé en l’espace de quinze ans. En rénovant le parc d’éclairage public, les collectivités génèrent des économies d’énergie et limitent leurs consommations électriques et donc les coûts de fonctionnement qui y sont associés.

L’administration du territoire intéresse de plus en plus les administrés. L’éclairage public étant visible de tous, il est un indicateur crucial de la bonne tenue des affaires de la commune pour les administrés. L’éclairage peut être synonyme d’attractivité et de sécurité pour les uns alors qu’il va représenter une atteinte au respect de la biodiversité pour les autres. Une gestion juste de cet éclairage revêt donc un enjeu important d’un point de vue sociétal.

De nouveaux besoins émergent dans toutes les communes (vidéoprotection, sonorisation, capteurs de qualité de l’air, de stationnement, bornes de recharge, bornes Wi-Fi...). L’infrastructure d’éclairage public peut devenir le support de mutualisation de ces nouveaux services qui vont conduire à alimenter d’autres équipements que les luminaires. La ville intelligente de demain s’appuiera sur le réseau d’éclairage public. Le passage à la LED de nombreux points lumineux offre de la flexibilité grâce à leur pilotage mais également en raison de leur capacité à accueillir de nouveaux objets connectés.