Énergie

Guide de l'élu.e local.e et intercommunal.e

La rédaction de documents de référence

Avant de s’engager dans une démarche de rénovation du parc d’éclairage public, il faut avant toute chose connaitre l’état de son patrimoine. Il s’avère donc nécessaire de réaliser un audit des installations afin de recenser le nombre de points lumineux, l’état du parc ou encore sa consommation énergétique. A partir de ces données primordiales, il est alors possible de construire des programmes de rénovation identifiant les économies d’énergie susceptibles d’être générées tout en estimant les coûts associés. Ces diagnostics permettent également de mettre en avant les installations présentant un risque pour les usagers.

Afin de construire une politique pertinente en termes de rénovation, il est possible de rédiger un schéma directeur d’aménagement lumière (SDAL). Le SDAL est un document de référence qui fixe les orientations et les principes d’éclairage et de mise en valeur des bâtiments d’une collectivité à moyen et long termes. Il a pour objectif de révéler l’identité de la commune tout en restant pragmatique et fonctionnel. Il doit tenir compte des spécificités du site (reliefs, monuments, environnement urbain) ainsi que des textes normatifs et réglementaires liés à l’éclairage public (norme NF EN 13-201 ; Norme NF C17-200 ; arrêté du 27 décembre 2018, …) mais surtout, il doit s’adapter aux besoins de la collectivité.

En s’appuyant sur les caractéristiques d’urbanisme et sur la typologie des voies et des espaces publics à éclairer, le SDAL définit les orientations et les stratégies territoriales, les niveaux et les ambiances lumineuses, la charte lumière, le type et le style de mobilier d’éclairage à l’échelle d’un quartier ou de la ville. Il s’agit d’un travail approfondi de concertation avec les élus, l’urbanisme, les bureaux d’études, les services techniques, l’exploitant, les riverains...

Ce document est en général réalisé par des agences de conception lumière ou encore des cabinets de maîtrise d’œuvre de conception. Il est à destination des élus afin de l’intégrer dans le plan local d’urbanisme et d’en faire une référence stratégique dans le cadre de programmes de rénovation du patrimoine lumineux des communes.

Afin de se fixer des objectifs en termes de lutte contre les nuisances lumineuses et de préservation de la biodiversité, la collectivité a la possibilité d’établir une trame noire. La trame noire est une continuité écologique dont le niveau d’obscurité est suffisant pour la biodiversité nocturne et recouvrant des enjeux d’astronomie et de biodiversité. Ces trames noires, réalisées en appui avec des écologues, s’appuient sur le recensement des espèce présentes sur le territoire, sur l’identification des réserves de biodiversité et des corridors écologiques ainsi que sur la cartographie de la présence d’éclairage artificiel sur le territoire. Le document identifie les zones de conflits entre présence d’éclairage et présence de biodiversité et permet de préconiser des aménagements de la lumière (temporalité, gradation, niveaux d’éclairement, température de couleur, hauteur de feu des luminaires, etc.).

La collectivité peut également sonder ses administrés pour connaitre leurs attentes et leurs besoins en termes d’éclairage. La synthèse de ces documents permet de prioriser et de programmer les actions à mener au travers d’un plan d’action stratégique en adéquation avec le budget de la collectivité.