L'éclairage intelligent
La notion d’« éclairage intelligent » recouvre un champ relativement vaste. En effet, intégrer un profil de gradation dans le driver du luminaire ou mettre en place l’extinction nocturne relève déjà d’une certaine forme d’intelligence. Elle va jusqu’à la mise en place d’une hypervision permettant de superviser et piloter l’ensemble des installations depuis une même plateforme. Il ne faut pas confondre les notions d’éclairage intelligent (qui apporte de la flexibilité dans le fonctionnement du matériel) et d’éclairage connecté (qui permet le pilotage à distance des installations).
Dans la mise en œuvre de ces stratégies d’éclairage intelligent, deux notions importantes sont à appréhender :
Il est possible d’asservir les installations d’éclairage public (extinction, gradation, détection de présence) mais également de remonter de l’information depuis le matériel équipé (notamment dans le cas de l’éclairage connecté) comme la durée et l’état de fonctionnement, la puissance, etc.
La mise en place des systèmes intelligents peut être réalisée au niveau de l’armoire de commande ou au niveau du point lumineux. En agissant au niveau de l’armoire, seule l’extinction sera possible. La contrainte du traitement à l’armoire est la suivante : les points lumineux asservis seront dépendants de la distribution électrique de l’armoire par laquelle ils sont alimentés.
La collectivité peut opter pour une solution locale qui nécessitera un déplacement des techniciens ou une solution connectée afin d’interagir à distance. Un éventail de choix de technologies de communication est envisageable. Certaines d’entre elles permettent des débits de communication plus ou moins élevés en fonction de la distance que doivent parcourir ces informations (par exemple la requête de gradation d’un luminaire).


La spécificité des solutions locales est qu’elles s’appuient sur une technologie libre de droit (Bluetooth, NFC) alors que les solutions connectées nécessitent la plupart du temps un abonnement pour être utilisées (réseaux mobiles 2G, 3G, 4G, 5G, LTE-M). Les solutions connectées reposent sur des infrastructures spécifiques qui s’appuient sur plusieurs technologies.

Certains fournisseurs proposent des solutions clés en main : lors de l’achat d’un luminaire et de son nœud communicant, il garantit son fonctionnement, l’hébergement des données, l’accès à la plateforme de télégestion pendant une durée définie (par exemple 10 ans). Certaines collectivités se sont lancées dans le déploiement de leur propre réseau de communication (LoRa, 5G...) afin de mutualiser les cas d’usage (collecte des déchets, relevé des compteurs d’eau...). Avant de se lancer dans un projet d’éclairage intelligent, il est donc nécessaire de se poser plusieurs questions :
Questions/Réponses
Quels sont réellement les besoins de la collectivité en termes de pilotage et de remonter d’informations ?
Si la modulation de l'éclairage n'est pas modifiée au cours de l'année (ou très peu), il n'est peut-être pas pertinent de mettre en place du pilotage à distance.
Des remontées d'informations sont déjà possibles grâce au compteur Linky des armoires.
Ai-je vraiment besoin d'un pilotage à la finesse du point lumineux ou un pilotage à l'armoire sera-t-il suffisant ?
Comment la collectivité va exploiter les données remontées ?
Si des données sont remontées mais ne sont pas exploitées, cela en vaut-il vraiment la peine ?
Où sont hébergées les données ?
Certains fournisseurs proposent des services clés en main comprenant l'hébergement des données. Cependant la collectivité a très rarement connaissance des lieux où sont hébergés ces serveurs.
Des collectivités se sont lancées dans la mise en place de leur propre réseau de communication afin de gagner en souveraineté sur le traitement des données.
La technologie choisie couvre-t-elle le territoire concerné ?
Avant de se lancer, il est important de questionner le fournisseur ou le prestataire d'études d'ingénierie réseau sur les capacités de la technologie identifiée pour permettre le bon fonctionnement des installations.
La technologie utilisée sera-t-elle toujours opérante dans plusieurs années ?
Certaines technologies de communication encore en vigueur il y a quelques années ne seront plus opérées demain (réseaux mobiles 2G et 3G). La collectivité doit veiller à ne pas réaliser des investissements qui pourraient s'avérer inopérants demain.
Existe-t-il une interopérabilité des outils mis à dispositions (nœuds communicants, passerelles, plateforme) ?
L'interopérabilité des systèmes est un point essentiel à prendre en compte au moment de la prise de décision. Favoriser des systèmes ouverts en mesure de communiquer avec d'autres plateformes ou encore d'autres réseaux de communications est primordial.
Il faut anticiper la fin de la prestation et la manière dont la collectivité pourra faire à nouveau son matériel si elle ne renouvelle pas de contrat avec le précédent titulaire.
Du côté des logiciels, imposer la création d'API entre la plateforme de télégestion du prestataire et les SIG, GMAO de la collectivité permet de garder une certaine liberté pour la collectivité en en restant pas prisonnière des logiciels du prestataire et en ayant des données intégrées à ses propres outils.
Quelles seront les modalités financières lorsque l’abonnement proposé par le fournisseur lors l’achat du nœud communicant sera échu ?
Il faut se projeter dans un avenir à moyen terme. Dans 10 ans les investissements réalisés n'auront pas encore été amortis, il faudra donc les faire fonctionner à nouveau. Les solutions clés en main des fournisseurs offrent souvent peu d'interopérabilité. Se questionner sur le prix de la communication dans 10 ans permet d'anticiper les futurs budgets de fonctionnement et les éventuelles futures négociations avec le prestataire.
La collectivité pourra-t-elle récupérer ses données ?
Anticiper cette question est primordial pour la collectivité, notamment dans la perspective d'une fin de contrat.
