Cycle de l'eau

Guide de l'élu.e local.e et intercommunal.e

Les coûts

Les services publics d’eau potable et d’assainissement des eaux usées 

Les dépenses des services publics d’eau potable et d’assainissement s’élèvent à environ 15 Mds€/an (hors redevances et taxes). Cette somme se répartie globalement en :

·  Environ 6 Mds € de dépenses annuelles d’investissement : renouvellement des canalisations et ouvrages, extensions des réseaux, interconnexions, mises en conformité avec les nouveaux enjeux ou nouvelles réglementations…

·  Environ 9 Mds € de dépenses de fonctionnement (y compris les frais financiers liés aux emprunts).

La valeur à neuf du patrimoine des services publics d’eau et d’assainissement, c’est-à-dire le coût du renouvellement à l’identique s’il devait être intégralement réalisé aujourd’hui représente environ (à 20 % près) : 

Les coûts - EAU - FNCCR
Source : extrapolation 2026 des données de l’étude de récupération des coûts, MTE 2020

* Les canalisations et les branchements représentent de l’ordre de 90 % de cette valeur de renouvellement.

** Compte tenu des durées de vie des différents ouvrages (prises d’eau et forages, usines de potabilisation, stations de traitement des eaux usées, canalisations, branchements…).

Il manquerait donc en moyenne 2 à 4 milliards d’euros par an d’investissement pour le renouvellement « à l’identique » du patrimoine. S’y ajoutent les besoins en investissements liés au renforcement des obligations en matière de : 

  • Traitement de potabilisation de l’eau : pesticides et leurs métabolites, PFAS etc.  
    (même si des actions de reconquête de la qualité des ressources en eaux doivent être engagée, des traitement seront nécessaires pour les polluants déjà présents dans l’eau) ;

  • Performance des systèmes d’assainissement collectifs aux niveaux fixés par la nouvelle directive européenne eaux résiduaire urbaines (DERU2) et à atteindre d’ici 2045 : renforcement des exigences de traitement de l’azote et du phosphore, traitement des micropolluants (puis des microplastiques) neutralité énergétique, limitation des rejets temps de pluies (qui devraient être principalement financés par le budget général au titre de la compétence gestion des eaux pluviales urbaines) ;

  • Sécurisation de l’alimentation en eau potable des habitants vis-à-vis des risques de sécheresse : interconnexions des réseaux publics, accompagnement des habitants des résidence principales non raccordées… 

Il existe de nombreuses incertitudes sur les coûts de ces différentes mesures mais il existe un consensus global pour considérer que les investissements nécessaires représenteraient 3 à 5 milliards d’euros supplémentaires. 

Au total, il faut donc envisager de passer de 6 à 10 voire 12 milliards d’euros d’investissement par an à l’horizon 2035. À cela, il convient d’ajouter les coûts d’exploitation correspondants (énergie, réactifs, entretien et maintenance).

Les coûts totaux des services publics d’eau potable et d’assainissement devraient donc approcher les 25 milliards d’euros d’ici 2035 soit une augmentation de plus de 50 % par rapport à aujourd’hui. Cela ne signifie pas nécessairement une augmentation équivalente des tarifs si le principe « responsable – payeur » est réellement appliqué.

Pour mémoire, en matière d’assainissement non collectif, les dépenses d’investissement sont en leur immense majorité supportées par les propriétaires (entre 8 et 12 000 € TTC pour une habitation individuelle soit en moyenne 9 000 €). Le montant total des dépenses est des ménages pour l’ANC était évalué à 1,2Md€/an sur la période 2012-2016.

La gestion des eaux pluviales et la GEMAPI 

En absence d’individualisation budgétaire, il n’existe pas de données précises sur les dépenses des collectivités en la matière.  

Toutefois, une récente étude d’options sur l’évolution du financement de la compétence GEMAPI réalisée par EY-Parthenon pour le Sénat (juin 2025) considère que le montant des dépenses relative à la GEMAPI est compris entre 950 et 1 000 M€/an. L’étude fait état d’un besoin en financement supplémentaire de 12 Md€ d’ici 2035 pour la seule rénovation des digues de protection contre les inondations soit un peu plus de 1 Md€/an supplémentaires (étant entendu qu’une partie de ces investissements pourrait être financé par emprunt et donc lissés sur 20 à 40 ans). 

Pour la gestion des eaux pluviales, les financements nécessaires sont évalués à 1 Md€/an mais cela reste très estimatif faute d’évaluation des besoins liés à l’adaptation au changement climatique mais aussi du déploiement plus ou moins important de la gestion des eaux pluviales « à la parcelle ».