Énergie

Guide de l'élu.e local.e et intercommunal.e

Le raccordement des EnR électriques au réseau

Les installations de production d’électricité renouvelable doivent être raccordées à un réseau électrique public pour que l’électricité qu’elles injectent puisse être valorisée et consommée. 

En fonction de leur puissance, les centrales de production d'électricité renouvelable se raccordent sur différents niveaux de tension du réseau public de transport (RPT) ou du réseau public de distribution (RPD), comme illustré dans le schéma ci-dessous :

Raccordement des centrales de production EnR au réseau électrique / Source : Observatoire de l'électricité

Les demandes de raccordement

Le grand nombre de demandes de raccordement d’installations de puissances importantes (parcs éoliens notamment) a conduit, à partir de 2003, au besoin d’augmenter les capacités d’accueil des réseaux et donc d’effectuer des renforcements de réseaux.  En attendant que ces renforcements soient réalisés, les gestionnaires de réseau ont mis en place (sous l’impulsion de la CRE) des files d’attente de raccordement selon des protocoles bien définis. 

La première demande de raccordement bénéficie de toute la capacité disponible.  Les demandes suivantes sont traitées en prenant en compte la capacité d’injection utilisée par les installations dont les demandes de raccordement sont antérieures.  Le gestionnaire du réseau est également dans l’obligation de proposer au demandeur des offres de raccordement alternatives à modulation de puissance impliquant des écrêtements de production dans les périodes de contrainte réseau.  Cette option étant sur la base de la demande du producteur, aucune indemnisation n'est prévue pour compenser ces pertes.

Catégories d’ouvrages de raccordement d’une installation au réseau

  • Le branchement : équipements connectant en basse tension l’utilisateur au réseau ;

  • L’extension : ouvrages de réseau créés pour évacuer la puissance produite par les installations à raccorder ;

  • Les renforcements : ouvrages garantissant la sécurité du réseau et l’accueil de nouvelles installations sur le réseau. 

Cout de raccordement

Le coût de raccordement est très variable en fonction de l'emplacement, du mode d'injection et de la puissance des projets :

  • Concernant les ouvrages de branchement, le coût payé par le producteur dépend de la configuration du site (consommation existante ou pas) et de la puissance de raccordement.

  • Concernant les ouvrages d'extension du réseau une partie des coûts de ces travaux peut être facturée au producteur : ils peuvent s'avérer significatifs pour le porteur de projet.

Le barème de raccordement établi par Enedis comprend des formules simplifiées mais dans certaines configurations le chiffrage se fera sur devis.

Des périmètres de facturation ont été établis répartissant les coûts selon les domaines de tension, pour lesquels s'appliquent des taux de réfaction :

  • Pour les installations < 250 kVA, le producteur prend à 40% en charge le coût des ouvrages propres correspondant aux ouvrages de branchement et d'extension sur les réseaux BT et HTA

  • Pour les installations > 250 kVA, le producteur prend de 40 à 100% en charge le coût des ouvrages propres ainsi que la quote-part S3RenR.

Connaitre les capacités du réseau

Les outils d'Enedis pour tester les projets de raccordement

Enedis a développé un outil de « Cartographie des capacités réseau », disponible depuis le portail collectivités, pour mieux préparer le raccordement des installations d’énergies renouvelables, de bornes de recharge électrique et de nouveaux sites. Cet outil permet de :

  • Identifier les zones potentielles de raccordement sans renforcement de réseau

  • Simuler des projets de raccordement en production ou en consommation

  • Obtenir une réponse immédiate également pour des projets multiples

Plus d’informations : https://www.enedis.fr/je-souhaite-detecter-le-meilleur-emplacement-pour-mes-projets-de-raccordement-au-reseau

Le site Caparéseau

Le site Caparéseau informe sur les possibilités de raccordement aux réseaux de transport et de distribution des installations de production d'électricité. Il est réalisé en collaboration par RTE et les gestionnaires de réseaux de distribution (ENEDIS, ESDB, GEREDIS, SICAE Est, SICAE Oise, SICAP Pithiviers, SRD, Strasbourg Electricité Réseaux, URM, VIALIS).

L’information publiée sur le site des capacités d’accueil du réseau s’adresse à tous les producteurs. Toutefois, dans le cadre des Schémas régionaux de raccordement au réseau des énergies renouvelables (S3REnR), les gestionnaires de réseaux développent et réservent des capacités d'accueil pour les EnR. Ainsi, le site Caparéseau fournit des informations supplémentaires pour l’accueil des EnR et l’avancement de ces schémas.

Pour chaque région, sont disponibles :

  • La puissance EnR déjà raccordée

  • La puissance des projets EnR en développement,

  • La capacité réservée et disponible au titre du S3REnR.

Le schéma décennal de développement du réseau (SDDR)

A travers son plan stratégique d’investissements à l’horizon 2040 (SDDR), RTE propose une stratégie priorisée, optimisée et cadencée dans le temps pour mener à bien les transformations du réseau haute et très haute tension dans les 15 prochaines années.

Le plan stratégique d’investissements s’articule autour de trois grands piliers stratégiques :

  • Renouveler le réseau et l’adapter au changement climatique, à un climat +4°C en 2100

  • Raccorder la consommation d’électricité pour réussir l’électrification du pays et la réindustrialisation des territoires, et les nouvelles installations de production bas-carbone

  • Renforcer la colonne vertébrale du réseau haute et très haute tension pour accueillir des flux d’électricité plus importants et répartis différemment sur le territoire, tout en limitant les congestions.